Le paysage immobilier du Grand Montréal traverse une transformation notable cet automne. Après des années dominées par une forte pression à l'avantage des vendeurs, la balance du pouvoir de négociation est en train de basculer progressivement du côté des acheteurs. Selon les statistiques de septembre 2026 publiées par l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ), l'activité transactionnelle et le volume d'inscriptions confirment une détente tangible à travers la métropole.
Une hausse marquée de l'inventaire et des ventes au ralenti
Les données compilées par le système Centris révèlent qu’à l’échelle de la région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal, les ventes ont reculé de 12 % en septembre 2026 comparativement à la même période l'an dernier. Parallèlement, l'offre disponible sur le marché s’est consolidée : l'inventaire a atteint 21 793 propriétés en vente, marquant un bond de 20 % par rapport à l'année précédente. Cette accumulation progressive représente un 14e mois consécutif d'expansion du bassin de propriétés disponibles, conférant désormais un choix nettement plus vaste aux acquéreurs potentiels.
Cette dynamique est particulièrement prononcée dans le créneau des copropriétés, notamment au sein des quartiers centraux de l’île de Montréal. L'augmentation des inscriptions y dépasse le rythme d'absorption de la demande, entraînant un ralentissement mécanique de la hausse des valeurs marchandes. Du côté de la maison unifamiliale, l'évolution se fait plus graduelle, même si la décélération de l'activité transactionnelle commence également à se faire sentir dans plusieurs secteurs périphériques et insulaires.
Des dynamiques territoriales contrastées entre l'île et les couronnes
Le marché métropolitain ne progresse toutefois pas de manière uniforme. Alors que l’île de Montréal voit ses conditions se détendre rapidement sous l'effet conjugué des contraintes d'accessibilité financière et d'un inventaire croissant, la Rive-Nord et la Rive-Sud connaissent un rééquilibrage plus modéré.
Dans plusieurs secteurs des couronnes montréalaises, les conditions de marché conservent encore une relative tension favorable aux vendeurs, bien que l'écart se rétrécisse nettement face aux sommets historiques observés ces dernières années. Les analystes soulignent qu'il s'agit d'une trajectoire classique de rééquilibrage : la détente amorcée au cœur de la métropole tend progressivement à se répercuter vers les banlieues au fil des trimestres.
Ce que ça change pour vous
- Pour les acheteurs : La hausse de 20 % de l'inventaire offre un pouvoir de négociation renouvelé. Avec moins de rivalité en offres multiples, il devient possible d'imposer des conditions d'inspection rigoureuses et d'évaluer les dossiers sans précipitation, particulièrement dans le secteur du condo.
- Pour les vendeurs : Les stratégies de surévaluation ne fonctionnent plus dans un marché où l'offre s'accumule. Une mise en marché soignée et un prix fixé rigoureusement au niveau réel du marché local sont indispensables pour conclure une vente dans des délais raisonnables.