Le paysage immobilier résidentiel de la région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal traverse une phase déterminante de normalisation. Après les périodes de surchauffe observées au cours des dernières années, les statistiques récentes du marché mettent en lumière un ralentissement des transactions combiné à une accumulation notable de l'inventaire, favorisant une transition graduelle vers un marché à l'équilibre.
Un ralentissement des ventes et une offre en progression
Selon les statistiques de septembre 2026 rapportées par WOWA en collaboration avec l'APCIQ, les transactions résidentielles dans la région de Montréal ont enregistré un recul de 12,4 % sur un an. Ce repli place Montréal parmi les grandes métropoles canadiennes subissant la contraction du volume de ventes la plus marquée au début de l'automne, surpassant les baisses observées à Vancouver (-8,4 %) et à Calgary (-4,1 %).
Cette tendance fait écho aux indicateurs déjà relevés à l'été. Selon les statistiques de juillet 2026 publiées par l'Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ), le marché des copropriétés a atteint une situation d'équilibre alors que les unifamiliales et les plex connaissent également un repli d'activité. Les vendeurs ont continué d'inscrire des résidences au rythme saisonnier habituel, mais l'inventaire total dépasse désormais de 18 % sa moyenne des dix dernières années, réduisant significativement la pression sur les prix.
Les facteurs sous-jacents : démographie et financement
Plusieurs éléments macroéconomiques et démographiques expliquent ce changement de trajectoire dans la région métropolitaine. Comme l'a analysé Hélène Bégin, économiste-experte à l'APCIQ, le durcissement des politiques fédérales d'immigration a entraîné une baisse de la population métropolitaine, tempérant la formation de nouveaux ménages qui stimulait historiquement la demande de plex et de copropriétés.
Sur le plan financier, bien que la Banque du Canada ait maintenu son taux directeur à 2,25 % le 2 septembre 2026 lors d'une septième pause consécutive — maintenant des conditions d'emprunt plus accessibles qu'au sommet de 2023-2024 —, les acheteurs demeurent soumis aux contraintes de qualification hypothécaire. Le test de résistance et le niveau actuel des prix forcent une sélection plus rigoureuse des projets d'achat.
Des contrastes marqués sur la Rive-Sud et la Rive-Nord
L'augmentation de l'offre n'affecte pas l'ensemble de la métropole de façon homogène. Le marché des copropriétés existantes s'ajuste plus rapidement que celui des habitations unifamiliales. Dans certains secteurs de la Rive-Sud, la croissance de l'offre a bondi de manière spectaculaire selon les chiffres de juillet 2026 de l'APCIQ : le nombre d'inscriptions en vigueur a affiché une hausse annuelle de 168 % dans le Sud-Ouest de la Rive-Sud (75 inscriptions) et de 138 % dans le secteur Sainte-Julie / Varennes (88 inscriptions). Cette dynamique offre aux acheteurs de banlieue un pouvoir de négociation inédit depuis plusieurs années.
Ce que ça change pour vous
- Pour les acheteurs : La disparition du sentiment d'urgence vous permet d'effectuer des visites approfondies, de conditionner vos offres à des inspections méticuleuses et de négocier les prix plus sereinement, particulièrement dans le secteur des copropriétés de la Rive-Sud et de la Rive-Nord.
- Pour les vendeurs : Les stratégies de surévaluation ne fonctionnent plus dans ce cycle. Avec un inventaire accru et des délais de vente susceptibles de s'allonger, fixer un prix réaliste basé sur les comparables vendus récents est essentiel pour capter l'intérêt des acheteurs qualifiés.
- Pour les investisseurs : Le segment des plex montre des signes d'essoufflement de la demande locative brute sous l'effet des ajustements démographiques, imposant une analyse plus rigoureuse des ratios de rendement net et des flux de trésorerie.