Le marché immobilier de la région métropolitaine de Montréal montre des signes clairs de normalisation. Selon les données compilées pour le mois d'août 2026 par l'Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ), l'activité transactionnelle a ralenti alors que le bassin d'inscriptions disponibles a poursuivi son expansion, redonnant ainsi un pouvoir de négociation appréciable aux acheteurs.
Après plusieurs trimestres sous forte tension, le rapport de force entre acquéreurs et vendeurs s'adoucit à la fin de l'été, principalement sous l'effet d'une réapparition marquée des propriétés à vendre en périphérie de l'île.
Une hausse d'inventaire portée par les couronnes
Au terme du mois d'août 2026, la région de Montréal dénombrait 20 128 inscriptions en vigueur, marquant une progression de 14,9 % sur douze mois et mettant un terme à deux mois consécutifs de recul. Ce retour de l'offre ne s'est toutefois pas manifesté avec la même intensité partout dans la métropole.
L'APCIQ note en effet un déplacement très net de cette accumulation vers les banlieues : les inscriptions en vigueur ont grimpé de 28 % sur la Rive-Sud et de 26 % sur la Rive-Nord sur un an. Les copropriétés ont mené la danse avec une progression globale de 19 % de leurs inscriptions, devançant les maisons unifamiliales (+17 %) et les immeubles à revenus de type plex (+15 %). En parallèle, le marché a accueilli 5 874 nouvelles inscriptions au cours du mois d'août, soit une augmentation de 5,2 % sur un an.
Recul des ventes et rééquilibrage du ratio de négociation
Sur le front de la demande, 2 853 propriétés ont trouvé preneur en août 2026, ce qui représente un recul de 14,3 % par rapport au même mois l'an dernier. En données désaisonnalisées, le fléchissement par rapport à juillet se limite toutefois à 2 %, ce qui traduit avant tout le ralentissement saisonnier habituel de la fin des vacances estivales plutôt qu'une désertion soudaine des acheteurs.
Ce retour simultané de l'offre nouvelle a fait plonger le ratio ventes/nouvelles inscriptions à 49 % en août 2026, contre 63 % en juillet et 60 % un an plus tôt. Ce glissement de 14 points fait officiellement basculer le marché montréalais hors du territoire strict de marché vendeur pour l'installer dans une zone considérée comme équilibrée. Le nombre de mois d'inventaire s'est quant à lui établi à 5,4 mois, contre 5,2 mois en juillet.
Des prix qui résistent malgré l'attentisme
Malgré ce fléchissement des transactions, les valorisations ne cèdent pas de terrain. Le prix moyen des propriétés vendues a atteint 689 824 $ en août 2026, en hausse de 3,2 % sur un an. Le léger recul mensuel de 0,6 % s'explique par un effet de composition : les condos, dont le prix d'entrée est inférieur, ont représenté 36,7 % des ventes en août contre 34,2 % en juillet.
Par segment, la copropriété a d'ailleurs établi un nouveau sommet avec un prix médian de 437 250 $ en août 2026 (+3,6 % sur un an). Le prix médian des plex s'est fixé à 856 000 $ (+1,9 % sur un an pour 307 ventes). Les analystes associent cette modération globale de la demande à l'incertitude économique et à la retenue d'acheteurs moins pressés de conclure dans l'urgence.
Ce que ça change pour vous
- Pour les acheteurs : La hausse de l'inventaire, particulièrement sur la Rive-Sud et la Rive-Nord, vous offre enfin davantage de choix et réduit les surenchères systématiques. Avec un ratio ventes/nouvelles inscriptions descendu à 49 %, vous disposez de plus de temps pour inspecter et négocier les conditions d'achat.
- Pour les vendeurs : Les acheteurs étant plus sélectifs, la stratégie de mise en marché devient déterminante. Fixer un prix réaliste dès le premier jour et soigner la présentation du bien sont désormais indispensables, notamment pour les unifamiliales et copropriétés en banlieue où la concurrence directe augmente rapidement.