Le marché immobilier québécois montre des signes manifestes de modération à la fin de la période estivale. Selon les statistiques officielles d'août 2026 publiées le 15 septembre 2026 par le Registre foncier du Québec, le volume de transactions enregistrées continue de fléchir à l'échelle provinciale et tout particulièrement au sein de la région métropolitaine de Montréal.
À l'échelle provinciale, le total des ventes inscrites s'est chiffré à 12 266 en août 2026, ce qui correspond à une baisse de 11,9 % par rapport aux 13 928 ventes conclues en août 2025. Parallèlement, le nombre total de transferts de propriété a régressé de 8,9 %, atteignant 16 061 actes notariés.
Un ralentissement marqué dans la métropole et ses couronnes
Dans la région administrative de Montréal, les données du Registre foncier soulignent une baisse sensible de l'activité. Les ventes de propriétés y sont passées de 1 977 en août 2025 à 1 659 en août 2026, soit une contraction annuelle de 16,1 %. Les transferts de propriété sur l'île ont pour leur part glissé de 12,9 %, totalisant 2 178 actes contre 2 502 l'année précédente.
La périphérie montréalaise enregistre une trajectoire similaire. À Laval, le nombre de ventes a chuté de 18,3 % sur un an, passant de 486 à 397 transactions. Sur la Rive-Nord, la région de Lanaudière a essuyé un recul des ventes de 16,5 % (803 ventes en août 2026 contre 962 en août 2025), tandis que les Laurentides affichent une baisse plus modérée de 5,4 % avec 1 450 ventes. En Montérégie, sur la Rive-Sud, les actes de vente se sont repliés de 11,4 %, s'établissant à 2 473 transactions contre 2 790 un an auparavant.
Reconfiguration par tranche de prix et financement
L'examen des tranches de prix pour le Québec démontre que le milieu de gamme subit la plus forte correction. Le volume de transactions de propriétés évaluées entre 250 000 $ et 500 000 $ a diminué de 17,2 % (4 496 ventes contre 5 430 en août 2025). Le segment des propriétés de plus de 500 000 $ s'est également contracté, glissant de 6,5 % avec 4 971 ventes contre 5 315 l'an dernier. Fait notable, la région de Montréal a toutefois affiché une hausse de 37,5 % des transactions dans la catégorie de moins de 250 000 $.
Sur le front du financement, l'activité hypothécaire globale fléchit de 2,2 % au Québec, avec 21 386 inscriptions en août 2026. L'île de Montréal subit un ralentissement hypothécaire de 8,2 % (3 083 actes contre 3 358) et Laval de 7,7 % (925 contre 1 002). En parallèle, l'indice de difficultés financières à l'échelle provinciale s'est accru de 6,6 % (629 dossiers enregistrés contre 590), porté notamment par 137 hypothèques légales de la construction et 46 saisies.
Ce que ça change pour vous
- Pour les acheteurs : La baisse générale des volumes de vente offre une marge de négociation plus confortable. La diminution de la concurrence immédiate permet d'intégrer des conditions d'inspection et de financement rigoureuses sans la pression d'enchères précipitées.
- Pour les vendeurs : Les délais de mise en marché s'allongent naturellement dans un climat de repli transactionnel. Établir un prix conforme aux comparables récents du quartier et soigner la mise en valeur de la propriété s'avèrent indispensables pour capter des acquéreurs plus sélectifs.